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samedi 29 avril 2017

A la mémoire de Micado


A mon Mikky, mon Micado,

Micado Damman Amur, Sibérien black smoke, 7 mois et demi (13/02/2017)

Voilà déjà 20 jours qu’un véhicule a volé ta vie devant chez nous sans faire de bruits, sans s’arrêter alors que nous jouions dans le jardin avec ton « frère », que le soleil brillait de tous ses feux, qu’il faisait clair, que la route était dégagée et sèche ; 20 jours que tu nous as quittés, 20 jours que tu nous manques.

Ta « sœur » Cléo et Louna , la petite voisine, ont perdu leur compagnon de jeu. Elles te cherchent pour jouer : l’une dans la maison, l’autre dans le jardin.

Cléo et Micado, dit Mikky, en pleine partie de folie

Ton « frère » Jinn a perdu son rémora, son fan, son élève, le « bébé » chat qui venait chercher des léchouilles et se couchait tout contre lui, qui le suivait partout, qui l’agaçait parfois comme peut l’être un aîné par son cadet, mais aussi le « bébé » chat qu’il pouvait chaperonner, avec qui il pouvait jouer sans se faire « rembarrer » comme avec Cléo.

Jinn, le mentor et Mikky, son plus grand fan

Le lendemain de ta mort, Jinn m’a fait un gros câlin pendant près de 2 heures dans la salle de bain. Il ne voulait pas lâcher mon bras.


Quelques jours plus tard, il a passé une journée entière à la maison, sans quitter sa chaise, sans manger. On s’est inquiété de le voir si mélancolique.

Depuis ta mort, c’est à peine si Jinn quitte le jardin. Le soir, il passe des heures à t’attendre au pied du muret, près du portail, là où tu aimais t’installer en attendant qu’on te fasse rentrer pour la nuit.

La première fois qu’il a plu après ton décès, Jinn s’est abrité sous le sapin comme tu faisais, au lieu de venir à la porte ou à la fenêtre du salon comme à son habitude.

Certains soirs, Cléo et Jinn jouent ensemble et s’arrêtent en regardant fixement dans le vide comme s’ils s’attendaient à te voir surgir au milieu de leur jeu, sauf que tu ne peux plus te joindre à eux.

Cleo, Mikky et Jinn a mes pieds sur le lit

Au moment de la petite boîte, Jinn s’attend toujours à ce que tu viennes manger dans sa gamelle et quand il a fini sa part, il monte sur le plan de travail pour finir les miettes que tu laissais dans la tienne, sauf qu’il n’y a plus de gamelle, plus de miettes sur le plan de travail depuis ce fatidique dimanche 9 avril 2017.

Quant à moi, il y a des jours avec et des jours sans. Je viens souvent te parler sur ta tombe. Je te raconte ma journée, je te parle de Jinn, de Cléo, de Louna, du joli jardin que « papa » entretient si bien, du muguet qui fleurit près de toi. Parfois, Jinn me rejoint et se roule sur ta tombe.

Je pleure, je souris et je ris aux souvenirs qui me parlent de toi. Je pleure quand je pense à tous les moments que tu ne partageras jamais avec nous. Tu me manques. Ta malice, ton audace, ton ingéniosité, ta douceur, ton côté charmeur, tes câlins, tes ronrons, tout ce qui faisait ta personnalité me manque. J’ai perdu bien plus qu’un chat, j’ai perdu un compagnon de vie, un petit être sensible qui était cher à mon cœur. Une partie de mon cœur est en miette, celle sur laquelle tu avais mis ta patte le 18 octobre 2016, quand tu es entré dans nos vies.

Parfois, je m’en veux de ne pas avoir su mieux te protéger, de t’avoir « condamné » en t’adoptant parce que j’avais oublié qu’il y avait eu d’autres « assassinats » de chats noirs dans les mêmes conditions devant chez nous. Le plus difficile à assumer c’est de ne pas savoir ce qui s’est réellement passé. Comment un chat qui avait peur du bruit des roues d’une poussette d’enfant, d’une trottinette, d’un vélo, d’une poussette, du bruit de nos propres véhicules a-t-il pu se faire renverser « sous nos yeux » ? Comment ne pas voir un chat de 5kg équipé d’un traceur GPS rose fluo sur sa fourrure noire ?
Micado et son traceur GPS Tractive

Comment le responsable de cet « accident » a-t-il pu prendre la fuite sans nous contacter malgré la médaille d’identification que tu portais ?

Micado et sa médaille connectée NOM D'1 CHIEN

Comment se fait-il que la loi ne vous protège pas de ce genre d’acte ?

Je ressens une profonde injustice car pour moi, il y a eu maltraitance animale par le simple délit de fuite de ton « assassin », même si « l’accident » n’était au départ pas volontaire.

Le lendemain de ce drame, je suis allée à la police municipale déposer une main courante. J’y suis retournée le lendemain pour apporter des précisions, soit les 10 et 11 avril.

Le mardi suivant (le 18), j’ai profité de la possibilité de contacter notre maire pour en rajouter une couche car je ne supporte pas l’idée que ta mort soit un simple fait divers et que je voudrais tant savoir comment cela a pu se produire pour retrouver la paix et avancer. Notre consolation est la promesse de l’enregistrement de la circulation (nombre, types de véhicules, fréquence de passage et vitesses) qui devrait prochainement être mis en place sur notre portion de route. Mais malheureusement, ton cas et celui des autres chats noirs décédés dans les mêmes conditions (en plein jour par grand beau temps et sur une ligne droite dégagée) avant toi sont trop isolés pour donner lieu à une investigation plus poussée. Personne ne veut entendre que bizarrement seuls des chats noirs ont été écrasés devant chez nous alors qu’il y a de nombreux chats de toutes les couleurs et races dans le quartier, qui traversent régulièrement notre rue nuit et jour sans heurts. Il faudrait plus de mains courantes du type de la mienne pour qu’une action soit entreprise. Comme si nous allions nous mettre à plusieurs voisins à adopter des chats noirs pour les pleurer quelques mois plus tard afin que nos soupçons soient enfin pris au sérieux. La superstition existe toujours vis-à-vis de vous et la connerie humaine n’est malheureusement pas prête de disparaître de la surface de la Terre.

Dimanche, en nous rendant à notre bureau de vote pour le premier tour des élections présidentielles, nous avons croisé un voisin qui a adopté un chien que ces anciens maîtres avaient abandonné attaché à un poteau avec son carnet de santé. Ils ont été poursuivis et condamnés à une amende de 30000 € et leur chien a trouvé un foyer où il est aimé. Comme quoi, le droit des animaux progresse et au fond de nous, nous sommes persuadés que tu as des droits défendables. Malheureusement, les personnes auxquelles je me suis adressée après ta mort n’ont pas su (ou voulu) nous aider pour entreprendre les démarches nécessaires à la défense de tes droits. En effet, ce même voisin nous a appris que notre rue est sous vidéosurveillance (ce qui lui a permis de faire mettre fin à un délit perpétré régulièrement chez lui) et que la gendarmerie garde les enregistrements plusieurs jours.

Forte de cette information, mercredi (le 26), je suis allée à la gendarmerie pour essayer de faire bouger les choses ou au moins mettre la puce à l’oreille, voire apporter un témoignage au cas où tu ne sois pas le seul. Mais tout ce que j’ai obtenu c’est « des chats écrasés il y en a tous les jours et on ne va pas visionner des heures de surveillance pour ça. » C’était le 9 avril entre 10hxx (une voisine t’a alors aperçu sur le trottoir, marchant fièrement) et 10h58 (heure à laquelle j’ai reçu l’appel sur mon portable m’informant de la tragédie qui s’était produite entre temps) du matin. Tu es la 3ème victime mêmes conditions, même endroit. La personne qui t’a écrasé "n’y est pour rien si tu as surgi devant elle, si tu t’es jeté sous ses roues, si elle n’a pas freiné, si elle ne t’a pas évité, c’était à nous de te surveiller…" Combien de fois ai-je pu entendre ces mots depuis le 9 avril ? Mais venant des forces de l’ordre, c’est encore plus difficile à encaisser. Il me semble pourtant me souvenir que l’on doit être maître de son véhicule en toute circonstance…

Finalement, un animal écrasé a moins de droit qu’un de ces congénères maltraité ou abandonné à un poteau avec son carnet de santé… Je ne veux pas baisser les bras tant qu’il reste un espoir de découvrir ce qui s’est passé. J’ai besoin de savoir si ta mort est accidentelle ou délibérée pour pouvoir reconstruire ce qui a été brisé en moi en ce terrible dimanche des Rameaux, pour pouvoir avancer et continuer à guérir les anciennes blessures de mon âme que ta seule présence aidait à cicatriser. Tu étais le chainon manquant de notre "famille".

En attendant de trouver la bonne personne, je veux sensibiliser les gens à aller faire une déposition aux forces de l’ordre quand ce genre d’accident se produit pour que les mentalités changent et que cela ne se produise plus jamais. Tu ne méritais pas de mourir si jeune et dans ces conditions.

TU ME MANQUES !!! TU NOUS MANQUES !!!


9 mois et demi

Ta "maman" qui ne t'oubliera jamais,
Nelly

PS : A toi lecteur/trice, n'hésites pas à partager ce billet, à faire connaître l'histoire de Micado pour que les mentalités changent. Et si tu as une quelconque information concernant mes interrogations sur les droits des animaux écrasés, n'hésites pas à me contacter. Merci de m'avoir lu jusqu'au bout !